26 Mars 2020

Messages des ONG

L’eau, une barrière de protection contre les maladies

L’eau, une barrière de protection contre les maladies

Depuis plusieurs semaines, la pandémie de COVID-19 se propage sur l’ensemble de la planète. Alors que l’Europe en est devenu l’épicentre, plusieurs pays ont dû faire le choix du confinement pour limiter la propagation de ce virus. Les gouvernements, les organisations de la société civile et les institutions internationales appellent la population à utiliser le principal geste barrière contre le virus : se laver très régulièrement les mains avec du savon et de l’eau.

La situation en France

Alors que la population est confinée pour une durée d’au moins quinze jours sur le territoire métropolitain, les associations et les médias tentent de faire entendre la voix des plus précaires.

Les personnes précaires, vivant à la rue, dans des camps ou des cabanes, ou se trouvant sur des zones de conflits, se retrouvent démunis face à cette situation, faute d’installations en eau et en assainissement suffisantes.

Des ONG telles que Médecins du Monde ou le collectif Romeurope s’alarment des conditions de vie dans les bidonvilles, les squats ou les hébergements d’urgence. La majorité des habitants vivent sans accès à des points d’eau et se retrouvent souvent dans l’obligation de sortir des zones de confinement pour se ravitailler. De plus, la proximité et la manque de salubrité dans les bidonvilles risquent fort de favoriser la propagation du COVID-19.

Pour que le geste barrière de lavage des mains puisse être généralisé et que soient appliquées les recommandations faites par les autorités de santé publique, l’installation ou la réouverture de points d’eau, les plus nombreux et les plus accessibles possibles ainsi que la mise à disposition de savon et de gel hydro-alcoolique, sont des éléments clés.

Une inquiétude forte pour les pays en développement

L’Organisation Mondiale de la Santé a exprimé ses inquiétudes pour les pays en développement, alors que le COVID-19 poussent les pays du Nord aux limites de leurs capacités.

Dans le monde, un établissement de soins de santé sur huit n’est pas connecté aux services d’eau et un établissement sur cinq reste sans service d’assainissement, ce qui touche respectivement près de 900 millions et plus de 1,5 milliard de personnes (Rapport 2019 JMP OMS/UNICEF, WASH in Health Care Facilities).

L’Afrique, encore peu impactée par le COVID-19, se verra bientôt confrontée à la propagation du virus. Les pays d’Afrique du Nord commencent déjà à y être confrontés. Au Burkina, premier pays d’Afrique subsaharienne à être touché, un premier décès est survenu. Ce sont désormais trente pays africains qui sont touchés.

La communauté internationale s’inquiète : dans des Etats où une grande partie de la population est déjà très vulnérables, qu’adviendra-t-il quand le virus se répandra ? Dans les zones rurales et reculées, dans les zones de conflits et d’urgence humanitaire, la situation devient alarmante. De même, dans les bidonvilles surpeuplés d’Afrique, et d’Asie, les habitants vivent dans des conditions insalubres et sont donc particulièrement soumis au risque de propagation. Victimes de malnutrition et vivant dans des conditions précaires, sans accès à l’eau et à des systèmes d’assainissement, les populations des bidonvilles doivent être prises en charge notamment par la prévention, l’information sur les gestes barrières et l’installation urgente de points d’eau et de savon.

L’eau, nécessaire à la santé et à l’hygiène

Selon l’Unicef, 3 milliards de personnes soit 40% de la population mondiale ne peut pas se laver les mains. Un geste d’hygiène essentiel qui permet d’éviter la prolifération de nombreuses maladies. Ce sont donc 3 milliards de personnes, sur notre territoire et dans le monde, parmi les plus vulnérables, qui se trouvent exposées aux maladies infectieuses.

C’est un cercle vicieux qui s’installe dans le cas des populations vulnérables :

  • Absence de points individuels d’eau
  • Pas de lavage des mains
  • Propagation de maladies (virus, diarrhée, choléra…)
  • Isolement
  • Vulnérabilité

Chaque année, les maladies diarrhéiques, causées par un accès inadéquat à l’assainissement ou à l’hygiène et à la consommation d’une eau non-potable tuent également environ 361 000 enfants de moins de cinq ans, soit plus de 1 000 enfants par jour (Factsheet drinking water, OMS).

58% des cas de diarrhées dans les pays à moyens et bas revenus (842 000 décès annuels) sont attribuables à une eau non-potable (502 000), un assainissement inadéquat (280 000) ou une hygiène insuffisante consistant à ne pas se laver les mains après défécation (297 000) (Rapport « Preventing diarrhoea through better water, sanitation and hygiene: exposures and impacts in low-and middle-income countries », OMS 2014)

Les messages clés des ONG

La Coalition Eau et les ONG partenaires de la campagne « L’eau est un droit ! » s’adressent au gouvernement français pour :

En France :

  1. Approvisionner en priorité en eau potable les foyers, les centres de santé, les lieux de travail et d’autres espaces publics ;
  2. Installer ou rouvrir des points d’eau, les plus nombreux et les plus accessibles possibles ainsi que mettre à disposition du savon et du gel hydro-alcoolique, éléments clés pour que le geste barrière de lavage des mains puisse être généralisé et que soient appliquées les recommandations faites par les autorités de santé publique ;
  3. Rouvrir les fontaines publiques, les bains-douches et installer des douches mobiles, avec de préférence des cabines individuelles ;
  4. Organiser l’information aux populations vulnérables sur les comportements à adopter, les gestes barrières pour se protéger eux-mêmes et leur entourage.

A l’étranger, et en particulier dans les PEDs et les zones de crise humanitaire :

  1. Renforcer la mobilisation financière en faveur d’un accès à l’eau et à l’assainissement, en priorité pour les plus vulnérables.
  2. Financer des projets de renforcement des systèmes de santé, avec une priorité à l’accès à l’eau, assainissement et hygiène dans ces centres ;
  3. Inciter les gouvernements et les banques de développement à appuyer cette stratégie.

Ces demandes complètent les recommandations portées dans le cadre de la campagne « L’eau est un droit ! » auprès des décideurs nationaux et locaux par un collectif d’associations, pour aller vers une mise en œuvre effective des droits à l’eau et à l’assainissement, à la fois dans nos territoires mais aussi à l’international.

  • Retrouvez les principaux messages des ONG et des collectifs mobilisés ici
  • Retrouvez toutes les informations sur la campagne « l’eau est un droit ! » ici

Une forte mobilisation associative en France

  • Le collectif national droits de l’homme Romeurope propose chaque jour un point de situation dans les squats et bidonvilles en France, avec des tendances statistiques pour plusieurs départements, ainsi qu’une palette d’outils à destination des acteurs de terrain, accessible ici.
  • Première Urgence Internationale se mobilise au travers de sa mission France et sollicite les communes pour faciliter l’installation de points/réservoirs d’eau dans les campements et bidonvilles avec et l’organisation de distribution d’eau, plus d’informations ici.
  • Les équipes de Médecins du Monde continuent ses maraudes en métropole, à Mayotte et en Guyane en se focalisant sur la prévention, des actions d’informations et d’orientation des personnes les plus vulnérables vers des centres de santé, plus d’informations ici.

Une mobilisation de certaines villes françaises 

  • La métropole de Nantes et la sous-préfecture, ont mobilisé leur recensement des sites pour identifier les sites n’ayant pas d’accès à l’eau et y intervenir. Grâce à ce travail, les différents terrains ont à présent un accès à l’eau.
  • A Rennes, des kits hygiéniques sont distribués en plusieurs points de la ville et de nouvelles laveries sont ouvertes pour les plus démunis.
  • La mairie de Paris met à disposition des gymnases pour héberger les personnes vivant à la rue.

Les bonnes pratiques dans le monde 

Wash’em met des outils à disposition des ONG pour les former et leur permettre de concevoir des programmes de changement des comportements en matière de lavage des mains.

  • Des ressources pour faire face au COVID-19 sont disponibles ici.
  • Les activités Wash’em pour le lavage des mains : ici.
  • Des webinaires pour les organisations humanitaires en matière de lavage des mains : ici

Pour aller plus loin

  • Baromètre de l’Eau, de l’Hygiène et de l’Assainissement 2020 de Solidarités International à ici
  • Communiqué de la Coalition Eau pour la Journée Mondiale de l’Eau 2020: « Comment l’eau peut sauver des vies » à ici
  • Défis humanitaires « L’humanitaire face au coronavirus », ici
  • Rapporteurspécial sur les droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement, M. Léo Heller: Retrouvez le communiqué de presse ici, ainsi que 2 vidéos du rapporteur spécial : ici et ici
  • Sanitation and Water for All : « La santé est loin de se résumer aux soins médicaux : réflexions sur le coronavirus ». SWA a mis en ligne une page spéciale compilant différentes ressources sur le COVID19et ses liens avec la WASH ici. Un article de réflexion de Catarina de Albuquerque est également disponible ici.
  • End Water Poverty : « garantir une eau saine et un accès à l’assainissement est la responsabilité du gouvernement ». #ClaimYourWaterRights, article disponible ici.

Dans les médias

  • « Coronavirus: Why washing hands is difficult in some countries », BBC
  • ITW de Om Prasad Gautam, Spécialiste de l’Hygiene à WaterAid, Youtube
  • « The must-have items of 2020: water, sanitation and hygiene », de Catarina de Albuquerque, CEO SWA, Globalcause 
  • « Opinion: COVID-19 a collective failure, an unprecedented opportunity », de Catarina de Albuquerque, CEO SWA, devex
  • Coronavirus : comment protéger les sans-abri ?, Magazine de la Santé
  • « Coronavirus. Sans eau ni savon, des milliards de personnes se trouvent sans protection de base », Ouest France
  • « Face au coronavirus, une double situation de crise pour les SDF », Le Huffpost
  • « Les SDF risquent de faire partie des oubliés de la crise sanitaire »,Le Guide Social
  • « Coronavirus : difficile d’adapter les mesures de confinement aux personnes sans-abri »,France 3
  • « Les plus précaires sont les plus vulnérables au Coronavirus », The Conversation

 

 

 

Pour en savoir plus